samedi 22 août 2009

L'attentat




«Un soir de janvier 1945 à Haarlem, alors que les Pays-Bas sont encore occupés, Anton Steenwijk, douze ans, voit s'effondrer son univers : le cadavre d'un policier collaborateur exécuté par un groupe de résistants est trouvé devant la porte de la maison familiale, les Allemands surgissent, la maison est brûlée, les parents et le frère aîné abattus. Des années plus tard, Anton devenu médecin offre l'image d'une tranquille réussite. Et pourtant, dans l'apparente quiétude de sa vie, des rencontres fortuites, des moments de crise font revivre le drame... jusqu'à ce que toutes les pièces s'assemblent pour dénoncer l'absurde logique de l'événement. Enquête policière, réflexion sur l'histoire et le terrorisme, ce roman interroge de manière paradoxale le mécanisme pervers de la mémoire. »
Ce roman de Harry Mulisch m'a été gentiment offert par ma correspondante Gerja lorsque je lui ai dit vouloir découvrir la littérature néerlandaise. Elle m'avait dit qu'il y avait très peu d'auteurs connus parmi les néerlandais, mais que Harry Mulisch était particulièrement bon.
Je dois avouer que de prime abord, cette lecture ne me tentait pas énormément. Ça me paraissait un de ces livres qui parlent de la guerre et dont on ne comprend pas grand chose. En plus, comme j'ai l'exemplaire en anglais, je me disais que ça n'allait pas être facile à lire.
Finalement, ça n'a pas été si pire. Si, effectivement, ça m'a pris un certain temps avant d'entrer dans l'histoire, j'ai dévoré les derniers chapitres, qui dévoilaient l'intrigue qui jusque là ne semblait même pas en être une. La surprise totale, donc.
Il y a bien eu quelques petits bouts de l'histoire où j'avais pas l'impression de tout comprendre, mais ça doit être parce que c'était en anglais.
L'histoire est divisée en cinq épisodes, tous à quelques années de distance. Le premier épisode se passe en avril 1945, le jour de la mort de la famille d'Anton. Le dernier épisode est en 1981, où l'on reçoit l'explication des événements de 1945 lors d'une rencontre inattendue. Entre temps, on lit de quelle façon Anton se sort de ce terrible événement, et ce qu'il devient.
Ce roman illustre à merveille comment les événements passés non résolus peuvent s'incruster dans votre quotidien et vous empêcher d'avoir une vie totalement épanouie.
*****
J'ai le goût d'ajouter un extrait qui m'a semblé être très vrai lorsque je l'ai lue !
«He stood on the balcony and looked out unseeing. Whenever he was told in the hospital that a new colleague with such-and-such name would be arriving the following day, he would begin immediately to visualize that person. The imagined face never agreed with the person's actual appearance was forgotten the moment of meeting, but where did these notions come from ? The same was true with famous authors and artists: when he saw their photographs for the first time, he was often terribly surprised. Without being aware of it, he'd had a preconceived notion of their appearance. Sometimes he lost all interest in the person's work after seeing the photograph. (...) Apparently, the preconceived notion was sometimes more accurate than the reality.»
 
C'est tellement une bonne remarque ! Moi aussi je me fais une idée de ce à quoi une personne ressemble, et je suis souvent déçue lorsque je vois leur vrai visage. Ça vous arrive, à vous ?
 

2 commentaires:

LAURA17 a dit…

Ta remarque dans le dernier paragraphe avec l'extrait cité me fait penser aux rencontres par Internet et ce que l'on ressent quand on rencontre l'autre que l'on a imaginé et avec qui on a parfois "clavardé" pendant de longues heures... et souvent à la déception quand on le voit pour la première fois, et ce n'est pas qu'une question de beauté ou quoi, c'est notre imaginaire qui avait fabriqué une image qui ne correspond pas à la réalité. J'ai testé !!!

Isa a dit…

Hihi Moi aussi j'ai testé, et ça m'est aussi arrivé d'être déçue ! Heureusement, je peux t'assurer que ça ne se passe pas comme ça. Récemment, j'ai rencontré une correspondante auteure-enseignante et elle était tout à fait celle que je m'étais imaginé ! Quel soulagement !