vendredi 7 janvier 2011

Les Chutes


Titre original : The Falls
Édition lue : Philippe Rey
Année d'édition : 2005
505 pages
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Résumé de l'éditeur :
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Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve Blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au coeur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.
Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.
Désamour, trahison, meurtre ? C'est aux enfants Burnaby qu'il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique : les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.
Un roman aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique.
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Mon commentaire :
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Première réflexion en fermant ce roman après l'avoir terminé : je ne verrai plus jamais les Chutes du Niagara du même oeil ! Ces chutes, si puissantes et si belles, admirées par des touristes du monde entier, sont aussi un endroit privilégié où des personnes désespérées mettent fin à leurs jours. Leurs corps sont emportés par le fleuve, et se prennent parfois dans les tourbillons au bas des chutes. Puis, le pourissement de leurs corps les fait ramener à la surface, défigurés et d'apparence presque inhumaine.
Jamais en me rendant à Niagara Falls en 2009 je n'aurais cru que cet endroit si impressionnant était également si funeste. Mais c'est normal : on se garde bien de dévoiler ce côté sinistre aux touristes qui viennent en masse admirer les chutes.
Les Chutes de Joyce Carol Oates a été si marquant pour moi que je ne doute pas un seul instant que désormais, lorsque je me rendrai à Niagara Falls, j'aurai une petite pensée pour ce roman.
L'histoire, se déroulant sur près de trente ans, est si riche qu'il est inutile de vouloir en faire un résumé. Celui de la quatrième de couverture est amplement suffisant.
L'écriture, elle, m'a hypnotisée, sans que je puisse dire pourquoi. D'habitude, les romans où les dialogues sont presque complètement absents m'agacent, et je les trouve plus que souvent pénibles. Cette fois-ci, c'est à peine si je me suis aperçu qu'il n'y avait pas de dialogues, tellement l'histoire coulait, me fascinait. C'est avec peine que je fermais la lumière, le soir, avant de me coucher. Et ce, sans que je me demande de quelle façon cela allait se terminer, ce qui est un exploit. Je tournais simplement les pages du livre une à une, captivée.
Et que dire des personnages ! Je n'en ai rarement vus d'aussi travaillés, d'aussi complexes et d'aussi insaisissables ! Ariah a été pour moi un mystère du début à la fin. Je suis incapable de mettre des mots sur les sentiments qu'elle suscitait en moi. Je ne suis même pas capable de dire si, grosso modo, je l'ai aimée ou non.
Les Chutes n'est certainement pas le dernier livre que je lirai de Joyce Carol Oates !
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6 commentaires:

Anis a dit…

Tu décris admirablement l'atmosphère de ce roman. Il n'y a pas de psychologie classique des personnages. Et tu as raison, Ariah reste une énigme jusqu'au bout.

Isa a dit…

Merci ! Ce n'est pourtant pas l'impression que j'avais ! Difficile de mettre des mots sur cette atmosphère particulière !

Vilvirt a dit…

J'ai adoré ce livre de Oates ! Moi non plus ce ne sera pas le dernier que je lirai de cet auteur !

Isa a dit…

Et je le comprends aisément maintenant ! :)

Karine:) a dit…

Parfait, c'est noté, maintenant. Je n'ai pas lu grand chose de Oates mais elle me tente de plus en plus.

Isa a dit…

Tu résistes longtemps, alors ! Tu devrais apprécier aussi !